PRINCE NAFIS – DES RUBIS COULEUR DU SANG (CHP3)

Prince Nafis, des rubis couleur du sang

Chapitre 3 – Kafara la maudite

La ville de Kafara était un véritable nid de frelons. On y côtoyait la misère humaine et toutes sortes d’individus mal intentionnés : des escrocs en tous genres, des voleurs, des rôdeurs, des bandits de grands chemins et même des assassins ! La population de Kafara était très pauvre et les gens se débrouillaient pour survivre au jour le jour dans des conditions calamiteuses. Pourtant, le roi Ab faisait livrer des vivres en grande quantité à chaque nouvelle lune, mais la guilde des marchands libres, dont le haut conseil présidait à la destinée de Kafara, s’appropriait par la force le droit de partager cette manne miraculeuse entre chaque habitant. De fait les douze membres du haut conseil, s’appuyant sur une terrible milice, étaient devenus les maîtres puissants et incontestés de la région. Seule l’armée de la cité des Saules parvenait à contenir tant bien que mal l’influence néfaste qui émanait de cette ville maudite.
Le dernier incident en date remontait à quelques semaines. Une bande de brigands traversait régulièrement la frontière pour piller les villages alentours. Un détachement de l’armée royale, dont faisait partie Nafs, fut envoyé sur place. L’ordre fut rétabli rapidement, mais les hommes du roi durent rester de longues semaines aux abords de la frontière afin de pacifier la région. C’est dire si les temps avaient bien changé… Il y a quelques années encore, aucune attaque de cette envergure sur un ou plusieurs villages du royaume n’aurait été imaginable. Mais aujourd’hui, les hommes de Kafara, poussés par l’avidité ou simplement par la faim, n’hésitaient plus à s’en prendre aux sujets du roi.
C’est ainsi que Nafs eu l’occasion de pénétrer pour la première fois dans cette ville damnée. Il accompagnait le chef de la garde royale pour une mission diplomatique. Ce dernier avait pour objectif de négocier un énième traité de paix avec la guilde des marchands libres afin de garantir la sécurité des villages environnants. À cette époque, seule la cité des Saules était parfaitement sûre, ce qui n’était pas toujours le cas dans les campagnes du royaume, où sévissaient surtout des voleurs et des bandits de grands chemins, adeptes des razzias. Par ailleurs, l’effectif de l’armée du roi Ab n’avait cessé de diminuer avec le temps, faute de combattants ayant le caractère inné de valeureux guerriers…
Par conséquent, les soldats royaux étaient de plus en plus sollicités aux quatre coins du royaume. Les compromis devenaient de plus en plus inévitables avec les cités des pays voisins. En général, il n’était pas difficile de leur acheter la paix avec les biens matériels dont regorgeait la cité des Saules, et la guilde des marchands libres de Kafara le savait mieux que quiconque. C’est dans cette atmosphère tendue que Nafs fit la connaissance des membres du haut conseil. Il comprit rapidement comment ils s’étaient enrichis en jouant sur ce double registre : provoquer des désordres pour ensuite signer des traités de paix extrêmement avantageux pour eux. Il vit surtout à quel point leur avidité était sans borne !
Nafs revenait donc à Kafara quelques semaines après en être parti. Mais il n’était plus question de traité de paix. Cette fois-ci, Nafs et ses acolytes étaient venus requérir l’aide de la guilde des marchands libres, dans le sombre but de lever une armée. Avec l’or du royaume, Nafs acheta le soutien militaire du haut conseil et recruta des centaines de mercenaires aussi avides que féroces. Il acheva de les convaincre à s’engager sous son commandement en leur promettant des richesses inimaginables, s’ils l’aidaient à s’emparer du trône par la force. Après seulement trois jours, la toute nouvelle armée de Nafs était prête à s’emparer de la cité des Saules.

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