VÖLUSPÁ- PROPHÉTIE DE LA VOYANTE

Voluspa

La Völuspá ou « Prophétie de la Voyante » est un poème anonyme en vieux norrois. Il a été probablement composé entre le Xe et le XIe siècle. Elle fait partie de l’Edda poétique, un recueil de poèmes où sont exposés les principaux éléments de la mythologie nordique. La Völuspá est un texte cosmogonique et eschatologique qui prend la forme d’un long monologue où une Voyante expose au dieu Odin, à travers plusieurs visions, l’histoire et le destin du monde, des dieux et des hommes.

Par la bouche d’une sibylle nordique interrogée par le dieu suprême, Odin, l’auteur anonyme de ce fameux poème de l’Edda récapitule l’histoire du monde et prédit son avenir. La Voyante jette un regard sur les commencements de la création et l’âge d’or, puis raconte comment le malheur a fait irruption dans le monde : les dieux n’ont pas respecté leurs serments, et la guerre entre les Ases et les Vanes, les deux familles de dieux, a détruit la paix. Très rapidement, le monde court à sa perte. Le tournant décisif est l’assassinat de l’innocent Baldur, dieu bon et lumineux.
Le regard de la Voyante se tourne désormais vers l’avenir : elle voit de tous côtés les puissances menaçantes du monde démonique se préparer à attaquer le monde des dieux et des hommes. Ces forces du mal sont les géants, les monstres et les morts du domaine de Hel. Cette dernière, la déesse mi-bleue mi-noire règne sous la terre et reçoit tous les morts qui n’ont péri ni au combat ni en mer.
Des signes terrifiants laissent présager le Ragnarok, c’est-à-dire la fin du monde. Brusquement, la catastrophe s’abat sur le cosmos : dieux et monstres s’affrontent dans une lutte sans merci. Odin, Freyr et Thor succombent tour à tour. Les astres tombent du ciel, la terre s’enfonce dans la mer. Le monde et toute sa magnificence s’évanouissent dans le chaos des éléments primitifs déchaînés et dans l’incendie cosmique allumé par le géant Surtur.
Mais le regard de la Voyante se porte plus loin : elle aperçoit un avenir nouveau qui restaurera le bonheur perdu. Resplendissante, la terre, qui a reverdi, émerge des flots, et une nouvelle race de dieux s’amuse comme au temps primitif de l’âge d’or. Baldur revient ! Le monde ancien s’en est allé, une terre nouvelle est née…

Source : Patrick Guelpa – Les 100 légendes de la mythologie nordique – Que sais-je ? – 2019

Crédit photo : Völuspá – Timbre des Iles Féroé illustré par Anker Eli Petersen.