PHILÉMON ET BAUCIS

Deux arbres

Pendant une journée entière, les dieux Jupiter et Mercure empruntèrent les traits de deux êtres humains pour voyager incognito en Phrygie (dans l’actuelle Turquie). Ils parcoururent ensemble toute la région et le soir venu, ils décidèrent de demander l’hospitalité aux habitants. Ils frappèrent à des milliers de portes dans le but de trouver un endroit où se reposer, mais en vain. Personne ne leur répondit. Les portes restaient bizarrement closes, sauf celle d’un vieux couple, Philémon et Baucis. Tous deux vivaient en parfaite harmonie dans une modeste chaumière. Philémon invita les deux voyageurs à entrer chez lui. Quant à Baucis, elle s’occupa de ranimer le feu dans la cheminé et prépara un repas fait de quelques légumes accompagnés d’un peu de viande. Les deux vieux étaient remplis de bonté et de bienveillance. Le repas, prit dans une humble vaisselle d’argile, fut simple mais délicieux. Et chose étrange, le vin versé dans les coupes ne désemplissait pas ! Ils avaient beau boire à volonté, il restait toujours du vin dans leur gobelet. Philémon et Baucis reconnurent immédiatement dans cette drôle d’histoire l’intervention des dieux et se mirent à prier. C’est alors que les deux voyageurs, Jupiter et Mercure, décidèrent de se dévoiler et apparurent sous leur véritable apparence. Ils invitèrent à leur tour le couple de vieux au sommet d’une montagne qui dominait toute la Phrygie. Ils découvrirent avec effroi que toute la région était dévastée, excepté leur maison, qui tout à coup se métamorphosa en temple d’or et de marbre. Pour remercier Philémon et Baucis, Jupiter leur promis d’exaucer tous leurs vœux. Le couple demanda la permission d’être les gardiens du temple et de rester unis même dans la mort. Après une longue vie, le couple mourut dans la joie. Philémon fût changé en chêne et Baucis en tilleul. Les deux arbres s’enlacèrent entremêlant leur feuillage, fusionnant sans pour autant se confondre pour l’éternité…

Source : Irène Mainguy – Les 50 plus grands mythes et légendes initiatiques – Le courrier du Livre – 2018