Ils se contentent de peu et vivent de ce que la nature leur offre. Ils s’adaptent sans cesse à leur environnement, s’accommodant des contraintes que fait peser l’homme sur leur habitat. Ils ne renoncent jamais. Ils naissent, vivent et meurent dans l’indifférence. Discrets, peu de gens les remarquent. Ils sont proches de nous, mais nous ne les voyons pas. Ils sont dans les bois où nous nous promenons, dans les champs que nous cultivons, dans les bosquets proches de nos maisons. Les chevreuils sont des modèles de résilience pour notre époque. Ils font acte de résistance malgré des territoires parfois réduits à presque rien. Ils sont une source d’enseignement pour qui sait les voir.
Dès que j’en ai l’occasion je leur rends une petite visite. Je connais leurs habitudes et leurs préférences. Je reconnais d’emblée un endroit où un chevreuil pourrait s’installer. En voiture, je perds parfois de vue la route parce que je suis trop occupé à scruter les champs et les bois du paysage qui défile sous mes yeux. Un comportement dangereux assurément ! Pourquoi une telle obsession ? Ma quête du chevreuil peut paraître infantile, futile, voire inutile pour certains. Et pourtant, elle n’est qu’une image, un symbole, le symptôme apparent d’une réalité cachée. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. », disait Saint-Exupéry. C’est un appel, celui du Soi, cet autre qui est tapis en moi et en toi. Certes, cette quête est la mienne, mais elle est avant tout la sienne. Nous découvrir l’un l’autre pour se connaître soi-même, tel est le but de cette unique et même quête.
