L’ÂNE VÊTU DE LA PEAU DE LION

Âne

Jean de La Fontaine (1621-1695), illustre poète français, est aujourd’hui essentiellement connu pour ses « Fables ». Cependant, on lui doit également divers poèmes, pièces de théâtre, livrets d’opéra et autres contes imprégnés de la morale de son époque. Son inspiration puisse dans les classiques de la culture gréco-latine, mais aussi dans la littérature orientale. « L’âne vêtu de la peau de lion », inspirée d’une fable écrite par le grec Ésope (vers 620 av. J.-C. – vers 564 av. J.-C.), mélange habillement poésie et fable morale pour délivrer un message qui peut se lire à plusieurs niveaux et qui présente un grand intérêt pour qui veut se connaître réellement.

De la peau du Lion, l’Âne s’étant vêtu,
Était craint partout à la ronde,
Et bien qu’Animal sans vertu,
Il faisait trembler tout le monde.
Un petit bout d’oreille échappé par malheur
Découvrit la fourbe(1) et l’erreur.
Martin(2) fit alors son office.
Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice
S’étonnaient de voir que Martin
Chassât les Lions au moulin (3).
Force gens font du bruit en France
Par qui cet apologue est rendu familier.
Un équipage cavalier (4)
Fait les trois quarts de leur vaillance.

(1) Malhonnêteté.
(2) Bâton utilisé pour frapper les ânes dans le but de les faire obéir.
(3) Le moulin où travaille d’ordinaire l’âne.
(4) Référence à la noblesse de caractère et à la chevalerie.

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