NILS HOLGERSSON

Jars blanc

« Le merveilleux voyage de Nils HOLGERSSON à travers la Suède » est un roman paru en 1906-1907 et écrit par Selma Lagerlöf (1858-1940) à la demande du ministère de l’éducation qui souhaitait un manuel de géographie ludique à destination des enfants. Rappelons au passage que Selma Lagerlöf est une éminente femme de lettres, prix Nobel de littérature 1909 et membre de l’Académie suédoise. Le roman est volumineux, environ 400 pages dans la version PDF gratuite disponible sur le site internet de la Bibliothèque Nationale Française (BnF, voir ici).

Nils HOLGERSSON est un insupportable garçon de 14 ans, capricieux et paresseux, qui joue de mauvais tours à ses parents fermiers et maltraite les animaux dont il a la responsabilité, et qu’il néglige la plupart du temps. Sa vie bascule lorsqu’il découvre par hasard le « tomte » protecteur de sa maison, sorte de petite créature humanoïde légendaire du folklore scandinave. Il le brutalise évidemment. Pour se venger, le tomte le transforme à son tour en lutin et il comprend alors le langage des animaux. Fuyant leur colère, il se trouve embarqué sur le dos de son jars blanc, tenté par l’appel des oies sauvages qui migrent vers le Nord du pays. C’est ainsi qu’il va vivre, au terme de ce voyage initiatique à travers la Suède, mille et une aventures avant de revenir chez ses parents, transformé et respectueux d’autrui, après avoir recouvré sa taille normale.

Le grand intérêt de ce roman est, selon moi, qu’il peut être lu sur plusieurs niveaux et du coup intéresser un large public. De fait, on y retrouve de très nombreuses descriptions de la géographie suédoise et diverses anecdotes concernant la culture et les légendes locales. On ne s’étonnera pas non plus d’y trouver une morale typique du début du XXe siècle destinée aux enfants. Il ne faut pas se méprendre pour autant, il me semble que l’auteure utilise la morale comme un support permettant de développer un certain nombre de valeurs qui fondent le cœur de notre humanité : le courage, la détermination, la force de caractère, la persévérance, la patience, l’endurance, l’empathie, l’amitié, la solidarité, l’adversité, etc. Le tout étant habilement amené à travers de petites histoires ludiques insérées tout au long du récit principal. Il est également possible d’y voir un conte initiatique où l’âme humaine se met en quête de soi à travers un voyage intérieur où elle découvrira avec émerveillement et parfois avec terreur une multitude d’aspects participant de sa propre réalité. Par exemple, Nils pourrait être considérée comme une représentation de l’âme coupée de son origine céleste, inconsciente des merveilleuses possibilités qui se cachent en elle. Le jars blanc, quant à lui, incarnerait le dilemme qui déchire l’âme en deux, tiraillée entre le désir de retrouver sa patrie originelle, en rejoignant les oies sauvages et la Laponie située dans le grand Nord, et la peur de l’inconnu associé à l’insécurité d’une vie faite de liberté. Au final, ce voyage se terminera là où il a commencé, mais l’âme en sera dorénavant transfigurée par toutes les expériences vécues et les connaissances qu’elle aura su glaner sur elle-même lors de ses aventures…

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