Etymologie sacrée

Étymologie sacrée (avr. 2020)

Communiquer

Le verbe « communiquer » signifie faire passer quelque chose, transmettre quelque chose à quelqu’un ou à une autre chose. Dans ce sens, on dit que le maître communique un enseignement à son disciple, ou encore que le soleil communique sa lumière et sa chaleur à la terre.

Le terme « communiquer » vient du latin communicare qui renvoie à l’idée de mettre en commun par le partage, d’où communis qui signifie commun. La communication est donc l’action de communiquer, de transmettre et d’échanger quelque chose, précisément par la mise en commun de cette même chose.

On peut distinguer au moins trois termes dans le phénomène de communication : l’émetteur, le contenu communiqué et le récepteur. La communication se fait en général de l’extérieur vers l’intérieur, de l’émetteur vers le récepteur, comme par exemple lorsqu’un ange communique un message à un prophète ou un saint par exemple.

Dans une perspective initiatique, cette modalité de communication (émetteur, récepteur, message) est nécessaire mais n’est pas suffisante, car le but d’une spiritualité authentique, nous dit Jean-Marc Vivenza (1957-), est radicalement différent. Selon lui, il est essentiel « non pas de communiquer avec d’autres êtres qui sont dans un état angélique, mais d’atteindre et de réaliser soi-même un tel état supra-individuel, ce qui est on en conviendra très différent. ». Autrement dit, il ne s’agit pas de dialoguer avec un ange, mais plutôt de devenir soi-même un ange.

C’est là toute la différence entre le monde humain (domaine de la multiplicité) où communiquer implique qu’il y ait l’autre, moi et un message, et le monde spirituel (domaine de l’unicité), où l’autre, moi et le message ne font plus qu’un. Prenons un exemple encore plus concret. Lorsqu’un être humain souhaite communiquer un état d’âme à autrui (un sentiment, une émotion, etc.), il emploie généralement le langage verbal et/ou corporel. Mais ce qu’il dit ainsi ne peut être profondément communiquer à l’autre qu’à partir du moment où ce dernier à déjà connu cet état d’âme. Ainsi, c’est une « portion d’être » mise en commun qui est à la fois l’émetteur, le récepteur et le message.

On comprend donc le sens profond de la communication au niveau spirituel, qui consiste à atteindre le même état que l’être avec lequel on veut communiquer et faire ainsi tomber l’illusion de la séparation, puisque en réalité je suis l’autre, l’autre est moi et que nous sommes le message. C’est peut-être cela la véritable mise en commun (de l’être) qui permet transcender la dualité.

Vocation

La notion de vocation renvoie en général à ce qui est naturellement destiné à quelqu’un ou à quelque chose (un lieu, un objet, etc.) du fait de sa nature et de ses caractéristiques intrinsèques (habileté, talent, etc.). Pour une personne, c’est également une profonde attirance ou une inclinaison forte, voire un penchant spécifique pour quelque chose (un métier, une activité, etc.).

Dans le langage religieux, on pourrait dire que la vocation est un appel unique et personnel de Dieu, inscrit en chaque être humain. Chacun y donnant une réponse particulière et unique en vue de son propre bonheur ; et il est à peine besoin de dire que refuser cet appel est aussi une réponse possible.

Le terme « vocation » vient du latin vocare qui signifie : appeler, inviter, engager, exciter, exhorter. Une vocation serait donc un appel, qui dans son sens spirituel serait une invitation à la réalisation de soi à travers une ou plusieurs activités spécifiques, en correspondance étroite avec la nature intime de celui qui s’y investit corps et âme.

Au point de vue initiatique, une vocation juste, s’articulerait autour d’une activité permettant de faire passer les possibilités supérieures et latentes d’un individu de la puissante à l’acte, au sens aristotélicien. Pour se réaliser, l’individu se devrait donc d’exercer, à un moment ou un autre de sa vie, une activité correspondant le mieux à ses aptitudes naturelles afin de révéler par le passage de l’intérieur vers l’extérieur, les trésors cachés dans le tréfonds de sa nature humaine.

Dans ce contexte, l’aspiration au bonheur tout en étant légitime, ne peut être envisagée que comme la conséquence d’un accomplissement effectif de sa nature spirituelle. Cette idée se retrouve dans le verset 6-33 de l’évangile de Matthieu : « Cherchez d’abord le royaume et sa justice, et tout cela vous sera ajouté. ». Les bénéfices découleront donc nécessairement de cette réalisation spirituelle, quel qu’en soit le degré par ailleurs, et comme « par surcroît ».

C’est pourquoi, dans le langage ésotérique du compagnonnage tel qu’il était pratiqué chez les bâtisseurs de cathédrales au moyen-âge, le mot « vocation » était employé dans le sens de « métier ». Ainsi, au lieu de demander à quelqu’un quel était son métier, on lui demandait plutôt quelle était sa vocation ; ce qui devait normalement aider à révéler l’être tel qu’il est, la barrière entre intérieur et extérieur étant dépassée, et non pas l’image obscurcie de ce qu’il croit être ou de ce que pense de lui autrui, comme c’est malheureusement trop souvent le cas actuellement.

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