Les trois humanités

Les trois humanités

Vous êtes tous issus d’Adam et Adam est de terre.

Le prophète Muhammad (570-632)

Disons le tout de suite, tous les textes sacrés nous parlent d’une seule et même humanité pour le cycle actuel, en dépit des divagations « new-age » qui opposent artificiellement plusieurs humanités qui coexisteraient aujourd’hui tant bien que mal sur notre terre. Selon ces courants de pensée, qui reposent entièrement sur des théories fantaisistes du XIXe siècle (voir Helena Blavatsky, Annie Besant, Rudolf Steiner, etc.), il y aurait les « adamiques », les « reptiliens », les « portails organiques » et que sais-je encore ! Ce type d’inepties est proprement contre-initiatique dans le sens où elles réduisent la complexité humaine à des catégories simplistes qui manifestent l’incompréhension de la profondeur des écrits traditionnels, et reflètent en même temps les limites intellectuelles des individualités qui propagent ce genre d’âneries.

Ces pseudo-théories concernant de multiples humanités cohabitant sur terre excluent au lieu d’inclure, elles séparent au lieu d’unir, elles entretiennent la guerre au lieu de favoriser la paix, etc. En un mot, elles sont à l’opposé de la véritable spiritualité. Par ailleurs, toute systématisation est proprement anti-métaphysique. Le pire dans cette histoire, c’est que les concepts « new-age » ont tellement imbibé la culture populaire que beaucoup de personnes ne savent pas que leur vision du monde est influencée par les délires psychologiques et égotiques des théosophistes du XXe siècle ; car bien entendu, s’il existe des êtres inférieurs parmi nous, disons par exemple des « portails organiques », c’est pour mieux valoriser l’égo de ceux qui se considèrent à tort supérieurs au commun des mortels…

Ce qui est juste, c’est la conception traditionnelle des trois grandes tendances qui habitent la conscience humaine. Il suffit d’un peu de sincérité avec soi-même, de recul et de lucidité pour constater que chacun de nous est capable du pire et du meilleur, comme l’effet de ces trois tendances nommées « gunas » dans l’Hindouisme. Lorsqu’elles sont spécialement appliquées au domaine humain, elles manifestent l’aspiration à la transcendance (le dépassement du « moi »), la volonté de développer des possibilités individuelles (l’accomplissement du « moi ») et la chute de l’être vers l’infra-humain (les racines ténébreuses du « moi »).

La gnose chrétienne, par exemple Saint Paul (début du Ier siècle) dans la « première épître aux Corinthiens », parle également de trois catégories d’hommes : les hyliques, les psychiques et les pneumatiques. Néanmoins, il ne faut pas s’en tenir qu’aux apparences, ces trois hommes n’en sont qu’un. Chaque être humain possède en lui une part de l’homme hylique (le corps), qui est matière et instincts, une part de l’homme psychique (l’âme), qui est mental et émotionnel, et une part de l’homme pneumatique (l’esprit), qui est naturellement relié et en communication avec les mondes spirituels.

Chaque être humain est donc le siège de ces trois grandes forces cosmiques qui président à la manifestation universelle et qui sont présentes simultanément dans chaque être créé dans des proportions diverses et variées, qui rendent ainsi chaque être unique. Dans ce sens, c’est la tendance prédominante chez un être qui le caractérise en premier lieu. Un être humain peut être plus ou moins attiré par la spiritualité, tandis qu’un autre sera naturellement enclin à explorer les possibilités de développement personnel. Quoiqu’il en soit, ces trois tendances, ascendante qui « tire vers le haut », horizontale qui développe l’individualité et descendante qui « tire vers le bas » sont toujours présentes en chacun de nous. Il faut un peu d’hônnêteté intellectuelle avec soi-même pour s’en rendre compte et arrêter de classer les êtres humains dans des catégories ridicules.

Tout est une question de conscience. Suis-je suffisamment avancé sur le chemin spirituel pour accepter l’humanité pleine et entière, avec ses parts d’ombre et de lumière ? Suis-je capable de transcender mes contradictions et les oppositions qui luttent dans mon for intérieur ? En d’autres termes, suis-je suffisamment intelligent (du latin « intelligere » : discerner, saisir, comprendre) pour accueillir tous les êtres, les bons comme les mauvais, et de retrouver en moi le principe de mon unicité ? Telles sont aujourd’hui les questions posées par les trois humanités.

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